Il avait pris au sérieux des mots sans importance,et était devenu très malheureux.
" J'aurais du ne pas l'écouter,me confia - t - il un jour,il ne faut jamais écouter les fleurs.
Il faut les regarder et les respirer. La mienne embaumait ma planète,mais je ne savais
pas m'en réjouir.Cette histoire de griffes,qui m'avait tellement agacé,eut du m'attendrir..."
Il me confia encore:
"Je n'ais alors rien su comprendre ! J'aurais du la juger sur les actes et non sur les mots
Elle m'embaumait et m'éclairait. Je n'aurais jamais du m'enfuir ! J'aurais du deviner sa
tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires !
Mais j'étais trop jeune pour savoir l'aimer."
Adieu,dit-il à la fleur.
Mais elle ne lui répondit pas.
Adieu,répéta-t-il.
La fleur toussa. Mais ce n'est pas à cause de son rhume.
J'ai été sotte,lui dit-elle enfin. Je te demande pardon. Tache d'etre heureux.
Il fut surpris par l'absence de reproches. Il restait là tout déconcerté,le globe en l'air.
Il ne comprenait pas cette douceur calme.
Mais oui,je t'aime,lui dit la fleur. Tu n'en as rien su,par ma faute.
Cela n'a aucune importance. Mais tu as été aussi sot que moi. Tache d'etre heureux...



